Tuesday, September 29, 2009

Citation du 30 septembre 2009

Ce qui me scandalise, ce n'est pas qu'il y ait des riches et des pauvres : c'est le gaspillage.

Mère Teresa

Ce qui me scandalise … c'est le gaspillage. Et mère Teresa n’est pas la seule.

Exemple : quand les producteurs de lait ont voulu faire parler d’eux, ils ne sont pas allés le distribuer gratuitement dans les orphelinats ; ils l’ont déversé dans les champs (ou dans les rues de Bruxelles) pour que ces geysers de lait mélangés à la boue des champs remuent un peu l’âme de ces foutus citadins qui autrement se moqueraient éperdument de leurs problèmes.

D’ailleurs ils ont peut-être trouvé leur inspiration dans l’image qu’on a conservée de la crise de surproduction de 1929, quand le Brésil brûlait son café dans les chaudières des locomotives.

Et encore : il y a de ça bien des années, Serge Gainsbourg brûlait sur un plateau de télé un billet de 500 francs (1). Un commentateur télé disait qu’alors, chaque téléspectateur a estimé que ce billet aurait dû lui revenir et a été scandalisé d’en être frustré.

On se rappelle aussi les bateleurs de foires qui vendaient des lots d’assiettes sur les marchés, faisant une enchère au terme de la quelle, si aucun acheteur ne s’était déclaré ils brisaient la vaisselle à leurs pieds. Ce gaspillage était si violent que souvent il y avait quelqu’un pour acheter afin d’éviter que ces objets utiles ne soient détruits. (2)

C’était bien vu – le gaspillage nous touche parce qu’il y a un reste de respect pour ce qui maintient la vie en satisfaisant ses besoins vitaux. Tel est bien le lait, tels sont les produits agricoles que les agriculteurs ne manquent jamais de détruire spectaculairement en cas de surproduction.

Par contre, quand on écrabouille des objets contrefaits (tiens, par exemple des Rolex made in HongKong), là je ne ressens rien du tout.

Comment ? Ce n’est pas votre cas ? Vous êtes tétanisés par un tel spectacle ? C’est donc que la Rolex est pour vous un besoin vital.


(1) Voir la vidéo ici : Gainsbourg entendait alors protester contre les prélèvements fiscaux. Il militait avant l’heure pour le bouclier fiscal…

(2) Peut-être est-ce aussi ce qui nous serre le cœur dans ces spectacles de villes bombardées, d’immeubles et de ponts effondrés, alors même qu’aucune victime humaine n’est visible.

2 comments:

Alexandre said...

Exemple : quand les producteurs de lait ont voulu faire parler d’eux, ils ne sont pas allés le distribuer gratuitement dans les orphelinats ; ils l’ont déversé dans les champs

Bonjour,

Dans le même genre d'idée vous pouvez aussi parler des super-marché qui tous les jours jète des aliments consommable mais invendable (genre banane un peu trop mures, produit emballé dont la date limite de consommation est le jour même etc).
Il faut savoir que malheureusement ils ne peuvent pas le donner (à une association ou autre) pour des raisons légales: ils sont responsable d'avoir donné un produit potentiellement frelaté. Donc si une personne tombe malade après avoir consommé ce produit elle peut vous suivre en justice (et gagner) même si elle n'est pas malade à cause du produit donné.

Donc là où votre exemple devient encore pire que ce que vous montrez, c'est que c'est notre société qui préfère le gaspillage au partage.

Je sais pas vous, mais moi ça me laisse rêveur...

PS: ça faisait longtemps que je n'avais pas lu ce blog, ça manquait un peu :)

Jean-Pierre Hamel said...

« c'est notre société qui préfère le gaspillage au partage. »
- Oui, hélas, et le Grenelle de l’environnement l’a fortement souligné : c’est une réalité planétaire.
Toute fois, dans mon Hyper, on voit plein de produits frais avec étiquette rouge, soldés avec la mention « Produit à date courte ».
Je n’avais jamais vu ça, sauf chez les hard-discounters. Autrement dit, le gaspillage recule quand, du fait de la crise, on peut encore tirer un profit, même de ce qu’on aurait jeté il y a un an ou deux.