Saturday, January 21, 2017

Citation du 22 janvier 2017

L’anthropologue américain David Graeber appelle “bullshit jobs” (boulots à la con) ces métiers dénués de sens que les gens acceptent par peur de se retrouver au chômage.
Mouvement français pour un revenu de base. A lire ici

Aujourd’hui, le travail devrait devenir  fa-cul-ta-tif (suite) 
 La société doit-elle reconnaitre le droit à vivre sans travailler en assurant financièrement, du berceau jusqu’au tombeau, l’existence de chacun de ses membres ? La fainéantise n’est-elle plus qu’un défaut comme un autre, comme d’avoir les oreilles décollées ou de zozoter en parlant ?
En tout cas si l’adulte robuste n’est pas plus contraint au travail que l’enfant au berceau, il est certain que celui-ci ne constitue plus l’aliénation qu’on croyait : plus de bullshit job !
- D’ailleurs, voyons un peu ce concept : y a-t-il des travaux qui par nature sont des « boulots à la con » ? Lisez (ici) ces témoignages : « J’ai un job à la con » : tel ou tel travail n’est pas en soi un travail dénué de sens ; il est simplement ressenti comme tel (du genre : « Je n’ai pas fait 5 ans d’études pour en arriver là ! »).
Et s’il n’y avait pas du tout de labeur absurde ou déprimant, si tout simplement on n’arrivait pas à trouver le boulot qui nous convient, étant entendu que ceux que nous rejetons seraient fort appréciés par d’autres ? N’oublions pas que Fourrier dans son Phalanstère espérait assortir chaque passion humaine d’un travail correspondant qui était donc source de joie ; ainsi du vidage de poubelle, dévolu aux enfants parce que, disait Fourier, ils ont un goût prononcé pour la saleté.
– Très bien dira-t-on, mais pourquoi recourir au revenu de base ? Il suffirait d’une bonne organisation de marché de l’emploi ; d’ailleurs si vous allez sur leboncoin, vous trouverez facilement ce qui vous convient.
Ce n’est pas si sûr, tant les goûts individuels sont taillés sur mesure par la particularité de chacun. C’est aussi pour cela que le revenu de base est fait : puisque le travail est devenu facultatif, alors nous allons pouvoir nous consacrer au bénévolat : ces activités ne sont pas aliénantes parce que nous les avons choisies, et que nous pouvons les abandonner, leur exercice n’étant pas un ressource nécessaire à notre existence.
  Mais alors, ce que vous promettez à l’enfant qui vient de naitre, c’est d’être déjà assez vieux pour prendre sa retraite ? Bel idéal !

Ricanez tant que vous voudrez, mais si réaliser son idéal est devenu possible, alors qu’importe comment on appelle ça !

2 comments:

FRANKIE PAIN said...

oullalla vous avez fumé la moquette mon cher philosophe où vous avez pris en moquerie les propos des utiopiste sde la gauche qui nous ont fait harakiri de les dernières promesses poura tteindre un pugilat de gens encore plus sous sur la paille.

je vous embrasse au resultat du premier vote

Jean-Pierre Hamel said...

Je ne sais pas si mes propos ont été bien interprétés, en tout cas je profite de cette occasion pour les préciser :
- D’abord, je constate que le candidat à la primaire socialiste qui porte le projet de revenu universel a été élu par plus de 500000 votes.
- Ensuite, je remarque que des élus de bords très différents, aussi bien libéraux que socialistes, ont préconisé cette forme d’allocation.
- Enfin et surtout je remarque que le droit à ne pas travailler est devenu un droit fondamental, aussi fondamental que l’est le droit au travail du préambule de notre constitution.
- Si ce droit au travail est un droit « déclaratif » (c’est à dire destiné à être reconnu mais non appliqué), il n’est pas juste de dire que le droit au non-travail serait à jeter parce qu’utopique : il ne l’est pas plus que le droit au travail.
- Et puis, c’est peut-être le moment de relire « Le droit à la paresse » de Paul Lafargue. Et d’ailleurs, comme disait Lafargue, ce n’est pas le travail qu’il faut condamner, mais le labeur. Nous voici revenus à la malédiction divine.