Flaubert – Correspondance., 1851
Flaubert était l’homme qui, en voyage, laissait volontiers vagabonder son imagination (on l’a déjà vu ici).

D’abord, cherchons à imaginer ce que Flaubert avait sous les yeux. Faute de mieux, je proposerai ce tableau de Fouquet (Vierge à l’enfant – Diptyque de Melun).
- Observons alors que ce tableau, comme la statue de l’Acropole, représente une femme dont un seul sein est apparent – sein qui de plus est bien séparé de l’autre. C’est même ce qui frappe dans l’œuvre de Fouquet : il y a visiblement la place pour un troisième sein intercalé entre les deux autres. Premier fantasme.
- Néanmoins, alors que Flaubert ne peut voir le sein de la statue sans imaginer sa pesée dans la main, on a ici un sein glacé, blafard, sans téton apparent. Bref, pour le coup c’est vraiment le sein d’une maitresse interdite et – peut-être – cruelle ? Second fantasme.
- Enfin, notons que le sein qui est dénudé est le sein qui allaite l’enfant-Jésus. Mais on remarque en même temps qu’il s’agit du sein gauche, alors qu’on sait que celui-ci est le sein dévolu à l’amour – le sein réservé à l’usage maternel étant le sein droit (2).
L’explication est peut-être liée au fait que le modèle qui a servi ici au peintre était Agnès Sorel, la maitresse de Charles VII. Quoi de surprenant que l’on ait représenté le sein comme attribut érotique plutôt que comme moyen d’allaiter l’enfant ? Troisième fantasme.
Mais ici, c’est le fantasme du Roi.
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(1) Renan : Ô noblesse ! ô beauté simple et vraie ! (etc. : voir la suite ici)
(2) Cf. ici
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