Sunday, February 09, 2014

Citation du 10 février 2014


…à force de s'agenouiller devant les atomes [l’homme] finit par avoir une âme de la taille de ce qu'il adore.
John Steinbeck -  A l'est d'Eden (1952)
C'est en faisant tout comme s'ils croyaient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira. - Mais c'est ce que je crains. - Et pourquoi ? qu'avez-vous à perdre ? mais pour vous montrer que cela y mène, c'est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles, etc.
Pascal – Pensées (Fragment 418 Lafuma)
Dis-moi ce que tu adores, et je te dirai qui tu es.
Cette formule est cruelle, car qui donc accepterait de l’appliquer à soi-même ? Mais elle est salutaire.
Laissons donc tomber les atomes, gardons l’idée : plus ce que nous adorons est petit et plus nous rapetissons.
            - Autrefois on pouvait dire : j’adore mon cheval et mon épée.
            - Hier on pouvait dire : j’adore ma Mobylette et mes Doc Martin.
            - Aujourd’hui j’aime ma téloche et mon smartphone.
            - Certains parait-il disent « J’aime ma banque ». Mais ceux-là sont devenus tellement petits que je ne les ai pas remarqués.
Au fond, l’idée parait assez juste : nous devenons ce que nous adorons au moyen d'un processus d’identification qui est un effort. Effort pour se hisser au niveau de ce qui nous dépasse : ça parait évident. Mais aussi effort pour se mettre au niveau de ce qui nous est inférieur : voilà qui est plus étonnant mais pas si nouveau que ça.
Petit rappel : Pascal nous dit que nous devons parier que Dieu existe et que si nous n’avons pas la foi, nous devons imiter ceux qui l’ont. Donc (citation ci-dessus) nous mettre à genou, prendre la posture de la prière, etc…
Et voilà notre athée à genou non pas devant un atome, mais devant une idole en laquelle il ne croit pas. Il proteste, parce que cela va l’abêtir ! Et s’abêtir, c’est se diminuer – sauf que ce qu’il perd, c’est cela même qui l’empêche de croire en Dieu.
Malgré cela les premiers éditeurs des Pensées ont censuré ce passage.

1 comment:

FRANKIE PAIN said...

de votre petit mot sur la tranche de vie et encore fort gdrôle merci d'être là cher jean pierre nous avons besion de penser au pays d'en haut
et vous assurez frot bien la garde.. kiss