Thursday, April 19, 2012

Citation du 20 avril 2012


1 – Sans surprise, l'Espagne est en récession
Bousier.com – Information en ligne
2 – TOINETTE – Que diantre faites-vous de ce bras-là? / ARGAN – Comment? / TOINETTE – Voilà un bras que je me ferais couper tout à l'heure, si j'étais que de vous. / ARGAN – Et pourquoi? / TOINETTE – Ne voyez-vous pas qu'il tire à soi toute la nourriture, et qu'il empêche ce côté-là de profiter?
Molière – Le malade imaginaire Acte III, scène 10
3 – LE TAMBOUR – Je puis manger ? / KNOCK – Aujourd’hui, comme vous travaillez, prenez un peu de potage. Demain, nous en viendrons à des restrictions plus sérieuses.
Jules Romains – Knock ou le triomphe de la médecine

On doit le dire : la stupeur qui nous saisit devant la soudaineté et la brutalité de la crise financière qui étrangle l’Europe ne s’explique que par notre inculture.
Non seulement les exigences du FMI se dont exercées depuis bien des décennies avec le résultat très régulier d’appauvrir et donc de rendre encore moins solvables les pays en difficultés, mais encore la stupidité de tels traitements lorsqu’ils sont utilisés par la médecine a servi pendant des siècles à faire rire le public.
Toinette déguisée en médecin ne force pourtant pas vraiment la caricature : la purge et la saignée étaient les armes favorites des médecins de l’époque pour lutter contre … l’affaiblissement des malades ! Quant au bon docteur Knock, il utilise le remède de la diète omniprésente au début du XXème siècle et qui est peut-être encore d’actualité de nos jours.
Ces comédies ont eu pour effet de dire des choses que nous savons par cœur, comme celle-ci : l’Espagne est priée de se couper le bras de la survie du peuple pour renforcer celui de la prospérité  des places financières.
Mais elles disent aussi des choses que nous n’entendons pas si facilement :
- D’abord que l’autorité du médecin annihile le sens critique du malade : il suffit à Toinette d’enfiler la robe du médicastre pour être écoutée. De nos jours, ceux qu’on écoute, ce sont les spécialistes, techniciens, conseillers, sherpas, quelque soit le nom qu’on leur donne. Qu’on leur donne du  pouvoir on verra la suite…
- Ensuite que comme avec le docteur Knock, ce sont nos remèdes qui créent la maladie ; à moins que, déjà malade, il ne serve à achever.

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