Friday, April 15, 2011

Citation du 16 avril 2011

L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui !

Pierre Desproges

Je t’aime – Tu me hais.

La haine, tout comme l’amour est un sentiment qui peut ne pas être partagé. Mais à la différence de l’amour, qui veut absolument l’être, la haine se sent mieux d’être à sens unique – et encore, à condition que ça vienne de l’autre. L'ennemi ce n’est pas nous, c'est lui !

Car si l’amour peut en effet être comme on l’a dit non partagé, il exige pourtant de l’être : je veux être aimé aussi fort que j’aime. Le doute sur l’amour que nous porte l’autre est un poison qui ruine la vie de l’amoureux.

Par contre, si je pense qu’un homme cherche à me nuire, ma propre violence n’aura pas la même signification que la sienne. Nous pensons qu’il nous hait par pure malignité, qu’il nous nuit gratuitement, comme par plaisir. Par contre, si nous l’agressons ce n’est jamais que par défense, pour l’empêcher de nous nuire et pas plus. D’ailleurs ce qui s’aperçoit au niveau des individus se voit en pleine lumière au niveau des Etats : les ministères de la guerre ont laissé depuis longtemps la place aux ministères de la Défense nationale.

Ce qui se manifeste ici, c’est la dénégation (comme disent les psys) de notre propre violence. Entendons : notre tendance à être violent et à faire souffrir les autres n’est jamais reconnue pour ce qu’elle est – un plaisir. Nous avons besoin de justifications pour faire souffrir les autres, et pendant bien longtemps nous avons trouvé cette justification dans les sentences judiciaires. Les supplices étaient un spectacle et y assister n’avait sans doute aucun résultat du point de vue de l’édification morale et judiciaire. Et la suppression des exécutions publiques (qui continue d’exister dans certains pays) résulta des manifestations de liesse lors de la mise à mort du condamné.

Quant à nous, nous ne pratiquons plus le lynchage que sous sa forme médiatique : on comprend la déception.

1 comment:

Fabrice said...

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